Réflexions sur le processus d’édition

Quentin Leclerc

08-01-2026

Salut !

Depuis un peu plus de dix ans je publie des livres sous différentes formes. En vrai je ne les publie pas, je les écris, mais c’est un abus de langage courant.

La forme que je préfère est le roman, mais j’ai eu l’occasion d’écrire d’autres types de livres ou de textes. J’ai traversé plusieurs fois le processus éditorial complet depuis l’écriture d’un manuscrit jusqu’à la publication d’un livre et sa diffusion en librairie.

Je ne peux pas dire de ce processus qu’il m’ait convenu.

Comme en ce moment je remets beaucoup de choses en question, je me suis dit que c’était le moment parfait pour interroger aussi mes outils d’écriture. Auteur est un métier que j’aimerais pouvoir continuer à pratiquer avec un peu plus de sérénité matérielle, puisqu’elle ne peut pas être financière.

Ma take, c’est que le milieu éditorial est un milieu très peu conscient de ses outils et de ses étapes de travail. Les professionnels font avec les moyens du bord et sont tellement pris par le flux inhumain de publications qu’ils ne peuvent plus prendre aucun recul sur leur façon de fonctionner une fois la machine lancée. Malheureusement, 90% du temps la machine est mal lancée.

Préambule

Cette page n’est ni un tuto, ni un manuel, ni de la vulgarisation. C’est un exercice de pensée que j’écris d’abord pour moi et que je mets à disposition. Plusieurs termes ne seront donc pas explicités, il y aura beaucoup de raccourcis et je n’écrirai qu’à partir de mon expérience personnelle.

Les pistes proposées s’appliquent avant tout pour mon cas, mais pourraient être étendues à d’autres avec un peu plus de réflexions, d’ouverture et de travail.

Je considère aussi cette page comme en évolution, donc elle s’étoffera au fil du temps et de mes expériences. Vous pouvez m’écrire un email si vous souhaitez me partager vos expériences.

1. L’écriture

On ne publie que très rarement un manuscrit brut, ni même un tapuscrit. La publication suppose des interventions supplémentaires sur le texte qui s’inscrivent avec cohérence dans ce qu’on appelle la chaîne éditoriale ou la chaîne graphique, un relais complet et fascinant de tâches et de compétences. – Nicolas Taffin, Typothérapie.

Chaque personne est libre de choisir la méthode qui lui convient le mieux pour écrire ce qu’elle veut : sur une feuille A4, sur Word, dans un éditeur de texte, sur Google Docs, dans un carnet, les options sont vastes.

Moi j’ai écrit tous mes livres sur Pages.

J’ai eu des Macbook depuis que j’ai quitté le lycée en 2010, je n’ai jamais acheté de Microsoft Pack Office et je n’avais jusqu’à il y a peu aucune connaissance en éditeurs de texte. Pages était déjà installé, plus simple et léger que LibreOffice, la page de travail pas surchargée d’informations inutiles, je ne me suis pas posé davantage de questions.

Il faut savoir que quand j’écris un roman je n’utilise aucune option de traitement de texte, sinon celles qui concernent la taille et la famille de la police. Parfois je modifie les marges, quand même.

Mais j’ai aussi écrit des livres en collaboration sur Google Docs (expérience matérielle pas dingue), et aujourd’hui j’espère pouvoir les écrire sur l’éditeur de texte vim, en Markdown.


Mon environnement d’écriture actuel sur nvim, 2026

Quoiqu’il arrive, n’importe quelle méthode pose la question de sa transmission : je voulais être lu donc je devais convertir mes textes pour les rendre lisibles. Certains auteurs s’improvisent graphistes et réfléchissent longtemps à la mise en page de leur manuscrit. Je pense que c’est une mauvaise idée qui brouille déjà les rôles et les étapes dans la fabrication d’un livre.

Olivier Cadiot par exemple écrit directement dans Indesign. Je pense que c’est con, mais si c’est son truc c’est son truc.

Selon moi il faut en faire le moins possible à partir de quelques critères de lisibilité convenus (PDF, 20Ko) pour que n’importe qui puisse passer un pas trop mauvais moment de lecture pour un brouillon.

Je rappelle quand même qu’un manuscrit est un brouillon.

J’ai la flemme de commencer une histoires des pratiques, mais désormais il est communément admis que les manuscrits sont écrits ou recopiés sur ordinateur puis qu’ils doivent être envoyés par email dans un format qui s’est imposé au fil du temps : le PDF. Il aurait le pouvoir magique de figer le texte et d’assurer que n’importe qui le lise de la même façon.

C’est aller un peu vite en besogne parce que tous les lecteurs PDF ne se comportent pas pareil, mais aussi parce que cette habitude introduit un format qui ne devrait apparaître au mieux qu’à la toute fin du processus, à la fin de la mise en page. Je le vois comme un format d’export final, pas intermédiaire.

Il y a donc forcément un moment où le document d’écriture, qu’il soit un .pages comme dans mon cas, ou un .docx, ou un .txt, doit passer dans une moulinette pour se transformer en .pdf.

Ce format me semble déjà être une mauvaise idée pour qui le reçoit.

Petite digression de lecteur

J’ai été lecteur pour plusieurs maisons d’édition. C’est un métier qui consiste à lire des manuscrits pour donner son avis sur une possible publication. Même si c’est une étape qui peut sembler enthousiasmante car elle incarne le frisson de la découverte, en général je vivais un calvaire vu le rythme imposé, la taille des manuscrits et le fait qu’ils étaient dans l’ensemble nuls.

Je pouvais recevoir les manuscrits par courrier en format papier, ce qui fatiguait moins mes yeux mais n’était pas très pratique pour lire n’importe où (ce que j’aimais bien faire). Maintenant je pense en plus que cette méthode implique des coûts d’impression et d’envoi dont les maisons font l’économie.

Sinon, je recevais des PDF.

Lire entre 200 et 500 feuillets en PDF sur son ordinateur ou une tablette est une des pires expériences de lecture possibles. Ce ne sont pas des outils conçus pour lire longtemps et encore moins attentivement. La posture et la fatigue oculaire rendent l’expérience véritablement douloureuse.

L’outil qui m’a sauvé la vie à cette époque, c’est la liseuse. Pouvoir convertir à l’arrache les PDF en EPUB et les lire sur un écran e-ink a été un véritable soulagement. Je pouvais lire mes 600 pages de mauvaise littérature chaque semaine sans compromettre ma santé physique en plus de ma santé mentale.

Pistes d’évolutions

Il y a donc trois solutions que je préfère :

Imprimer son manuscrit et l’envoyer par courrier reste une solution appropriée. Elle crée un objet transmissible, ne se préoccupe pas des formats, et permet a priori une lecture par le destinataire identique à celle de l’expéditeur. Le papier peut être réutilisé pour du brouillon, ou avoir déjà été imprimé sur du brouillon.

Alors oui, ensuite il y a plein de papier partout dans les bureaux des maisons d’édition, mais je suis plutôt partisan de ne pas cacher la matérialité de ce que l’on produit. On écrit trop et on publie trop, c’est une réalité, et je pense qu’il serait bien qu’on continue à l’éprouver physiquement pour peut-être changer de direction plus vite, mais c’est un autre sujet.

Ce que je n’aime pas dans cette solution, c’est qu’elle implique que l’auteur soit équipé d’une imprimante ou imprime à ses frais en magasin. J’ai déjà payé 25€ d’impression pour un manuscrit refusé, c’est la plaie. Et encore, je sais que c’est une petite somme par rapport à ce que d’autres ont déjà dépensé. À mon avis, il vaut mieux faire reposer le coût de l’équipement sur la maison d’édition, qui est normalement structurée pour gérer des flux de manuscrits et leur lecture.

Et c’est sans compter sur le fait que les imprimantes domestiques sont des instruments du diable qui tombent en panne tout le temps et demandent des ressources en encre absurdes.

Je pense que n’importe quelle maison d’édition devrait aujourd’hui avoir une liseuse dans son équipement de base, apprendre à s’en servir, et envisager la réception d’EPUB ou de sites au lieu des PDF.

Convertir un document en EPUB à partir de vim est moins intuitif qu’en PDF, mais à ma portée techniquement. La conversion en site permet là encore de lire sur liseuse avec une mise en page basique. Un site et un EPUB partagent certaines composantes techniques de mise à page, si bien que quand on a fait l’un on a souvent déjà ce qu’il faut pour l’autre.

C’est assez clair : un manuscrit pose question dès qu’il doit être lu par quelqu’un d’autre. Il implique alors une forme de mise en page qui le sort de l’état de brouillon complet, sans pour autant en faire encore un texte fini. Cet état transitoire ne va pas de soi techniquement. Le but que je vise : en faire le moins possible en mise en page tout en assurant une lisibilité agréable pour le destinataire, et dans l’idéal ne rien avoir à dépenser.

2. La collaboration

Génial, ton manuscrit a été accepté par une maison d’édition !

C’est maintenant que les vraies galères commencent.

Si tu travailles avec une maison d’édition qui fait bien son travail, comme ça a été mon cas, le manuscrit que tu as envoyé ne va pas être publié en l’état (souviens-toi : c’est un brouillon). Il va y avoir des retours, beaucoup de retours, et je te souhaite qu’il y ait beaucoup de retours parce que ça veut dire qu’il soulève beaucoup de questions. Et je t’assure : tu ne veux pas que ton manuscrit ne soulève aucune question. Même si tu crois très fort que si parce que tu as la flemme de revenir sur 4 années de travail acharné, non.

Tu devrais donc un jour recevoir un document comme celui-ci.


Manuscrit annoté de mon roman Saccage, 2016

Les retours

Les deux acronymes après le titre de mon roman, ce sont les initiales de mes deux éditeurs de l’époque, BL c’est Benoit Laureau et AB c’est Aurélien Blanchard, des éditions de l’Ogre.

Ce qui veut dire que mon document Pages initial est maintenant plein des remarques de deux nouvelles personnes. Voilà par exemple l’affichage de ces commentaires sur une page, plutôt pas chargée. Je rappelle que le document de base est un .pages, transformé en .doc par mes éditeurs qui travaillent sur Word, et que j’ouvre pour la capture d’écran avec LibreOffice Writer. En gros : un sacré délire de compatibilité.


Page commentée du manuscrit de Saccage, 2017

Comme mes éditeurs travaillaient sur Word, je devais convertir tous mes documents en .pages en .docx pour qu’ils puissent les commenter. Quand moi je les recevais à nouveau, je les ouvrais dans Pages, où je faisais une version de travail .pages à partir de la version .docx. Je me rends compte en l’écrivant de l’usine à gaz de formats dans laquelle j’évoluais.

Je n’ai jamais eu d’ordinateur à la ramasse techniquement, pourtant un document commenté dans un logiciel de traitement de texte a toujours entraîné chez moi des ralentissements titanesques. Je me souviens que pour mon roman Rivage au rapport j’ai même été découragé de continuer de suivre les corrections à un moment où Pages plantait presque systématiquement.

Ma take c’est qu’un document texte commenté ne devrait pas faire planter un ordinateur.

Le mode commentaire des traitements de texte m’a toujours perturbé pour écrire. Les commentaires sont directement intégrés dans le texte, qui est coloré dans tous les sens, les mots rajoutés le sont également en commentaire, en fait on finit par perdre de vue ce qui est du commentaire, ce qui est du texte rajouté, ce qui est du texte existant, et s’il faut garder les commentaires dans la nouvelle version, où y répondre, etc.

Je passais mon temps à valider des commentaires simplement pour qu’ils disparaissent de ma page.

Mes documents pouvaient très vite ressembler à ce genre de monstre.


Page d’écriture de mon roman Casca la couronnée, 2024

C’est en même temps l’étape que j’aime le plus intellectuellement, et le moins techniquement.

Les corrections

Si la maison d’édition fait bien son travail, ce qui est de moins en moins le cas, elle embauche un ou une correcteurice pour s’occuper de toutes les questions de grammaire, d’orthographe, de typo, etc. Son job c’est à la fois de comprendre les singularités du texte, mais en même temps de le ramener à une certaine norme.

C’est un métier important.

Par exemple il m’arrive de rager sur les éditions Divergences qui semblent souvent faire l’impasse sur cette étape, ou alors je tombe que sur les mauvais livres. Il y a deux ou trois ans l’autrice Sophie Divry avait demandé sur sa page Facebook à ce que ses lecteurices lui rapportent les coquilles relevées dans son roman Fantastique histoire d’amour, publié aux éditions du Seuil, pour corriger le second tirage. Je trouve que c’est la honte.

Mais revenons à ce qui m’occupe.

Ces corrections constellent le texte de petites modifications parasites.


Page d’écriture de mon roman Rivage au rapport, 2021

Mes éditeurs avaient parfois la mauvaise habitude de cumuler leurs retours à ceux de la correctrice, en général pour gagner du temps, si bien que le document devenait un énorme bordel où je ne reconnaissais plus rien. C’est important pour moi d’aimer écrire dans mon document, et je n’aime pas créer dans un environnement où chaque faute est soulignée, le vieux texte barré, le nouveau apparaît en commentaire, etc.

C’est peut-être de la coquetterie mais je préfère me sentir seul.

Pistes d’évolutions

Plusieurs éléments ne me semblent pas intuitifs dans cette étape.

Je crois déjà qu’il faut à tout prix préserver mon document d’écriture, et intégrer les retours et les corrections comme des calques qu’il serait possible d’enlever et de remettre à tout moment par-dessus. Je ne sais pas si cette solution existe numériquement, mais elle mériterait d’être développée.

On peut d’abord apposer le calque retours, qui vient interroger le texte, puis intégrer ces retours en les validant d’une simple opération bien qu’ils restent à part. Les retours qui ne sont pas validés ne bougent pas du calque.

Le calque corrections doit venir ensuite. Elles ne sont pas utiles sur un texte inachevé. Elles sont même contreproductives puisqu’elles figent un objet encore en mouvement. Je peux quand même avoir mon mot à dire puisqu’il arrive que la norme typographique ne me convienne pas, et ma liberté artistique me permet de m’en affranchir dans les limites du raisonnable.

Peut-être que je me fais une fausse idée du fonctionnement de Git, mais j’ai l’impression que c’est l’outil le plus proche de cette idée des calques. Les branch viennent interroger le texte, on peut relever et suivre les différentes suggestions, entrer dans des couloirs de progression parallèles, etc.

C’est clairement l’angle mort principal de mes connaissances, mais je vais tenter d’approfondir le sujet.

Git for writers: Write fiction like a (good) programmer

You can keep many versions of your novel or watch the process you took while writing. It is amazing.

3. La mise en page

J’ai une mauvaise habitude : j’aime voir mon texte mis en page pendant que je l’écris.

C’est une mauvaise habitude parce que ma mise en page n’est jamais celle de la maquette du livre, si bien que j’ai toujours un sentiment d’étrangeté et parfois de malaise en voyant le livre publié pour la première fois. Il ne ressemble pas à la mise en page dans laquelle moi j’ai évolué pendant des années.

Un truc tout bête, mais moi j’écris mon roman comme un flux qui va de haut en bas, pas comme un livre qui va de gauche à droite. Rien que cette différence presque impensée crée de la perturbation.

Je sais que c’est une habitude dont il faut que je me défasse. Je dois apprendre à apprécier mon texte pour ce qu’il est dans son environnement de travail, puis de m’en libérer une fois mis en page. vim m’aide dans ce sens-là, à vraiment considérer le texte comme brut, et donc à me concentrer essentiellement sur la structure grammaticale, qui est graphique en soi.

En fait je pense que la mise en page est une étape qui ne me concerne pas comme auteur. Tout mon travail sur le texte est terminé, maintenant c’est à l’éditeur de le calibrer dans sa maquette et de chasser les petites erreurs qui pourraient s’être glissées à cette occasion.

J’ai écrit éditeur parce que aux éditions de l’Ogre c’est Benoit qui fait aussi la maquette et le design graphique, et pas un graphiste dédié. C’est souvent le cas dans les petites maisons d’édition pour réduire les coûts, mais je ne pense pas que ce soit une bonne idée. C’est trop de travail et de casquettes pour une seule personne.

Les maisons ont pris l’habitude d’envoyer ce qu’on appelle des épreuves aux auteurices pour avoir un retour sur le texte une fois la maquette réalisée, mais à mon avis c’est également une très mauvaise idée pour tout le monde. Ce n’est plus le moment de corriger le texte, il est déjà fini. Toutes les erreurs à repérer lors de cette étape sont le travail de graphistes, que je ne suis pas.

Ce qui fait en général qu’on se retrouve avec ce genre de suite de documents bien connue des graphistes en fin de projet, à force de vouloir traquer la moindre petite erreur jusqu’à la fin.


Succession de fichiers PDF pour mon roman Rivage au rapport, 2021

C’est vrai que j’ai pu contribuer à faire évoluer la charte graphique de la maison en conseillant par exemple des marges plus larges et une police plus grande, mais je crois que ce n’était pas mon rôle, et qu’un brouillage s’est installé quant à ce qu’on pouvait attendre de moi en tant qu’auteur. Ce sont des modifications qui auraient été mieux intégrées dans le cadre d’une réflexion globale que mes éditeurs auraient pu avoir avec une graphiste.

Pistes d’évolution

C’est plutôt simple : laisser faire les autres.

La mise en page est un travail à part entière, avec ses spécificités et ses outils et qui, même s’il m’intéresse à titre personnel, ne me concerne plus à ce moment-là comme professionnel.

Je sais que certaines personnes sont partisanes de l’idée de pouvoir modifier un projet jusqu’au dernier moment. C’est une tendance chez moi aussi, mais encore une fois je pense que c’est une mauvaise tendance. Il faudrait davantage se laisser le temps de réfléchir et investir chaque étape, pour éviter de tout détricoter à la fin.

Pour moi c’est comme si on avait envie de changer un fond de gâteau alors qu’on en est au glaçage. C’est possible, mais est-ce que c’est souhaitable ?

À un moment il faut savoir lâcher prise. Il n’y a pas de livre parfait.

Des fois il faut donc simplement militer pour un travail collaboratif complet : un éditeur qui s’improvise graphiste n’est pas une bonne idée, comme un auteur qui s’improvise commercial, ou un correcteur éditeur. Ce sont des pratiques temporaires, qui peuvent parfois déboucher sur de bonnes idées pérennes (rarement), mais en général c’est à éviter.

Je vais donc tenter de militer davantage pour une chaîne complète de fabrication des livres : auteurice, éditeurice, correcteurice, graphiste, illustrateurice, voilà au moins ce qu’il faut pour bien réaliser un livre. Chaque manque dans cette chaîne est un risque d’erreur et de complexification, sans parler de la surcharge de travail quand la même personne cumule chaque rôle.

Conclusion

Je ne sais pas si mon parcours est représentatif du métier d’auteur. Je sais que certaines auteurices se foutent des retours sur leur texte, voire les refusent, ce qui peut faciliter une étape techniquement fragile. Je sais aussi que la plupart des auteurices ne se posent juste pas de questions (comme moi jusque-là) et font avec ce qu’on leur donne. Il y a même des étapes, comme celle des épreuves, qui sont vécues comme symboliquement cool.

Moi j’aurais aimé ne pas me poser de questions, mais je pense qu’il y a vraiment mieux à imaginer et à fabriquer collectivement. Plusieurs maisons d’édition tentent de nouvelles approches dernièrement, mais je vois peu d’auteurices s’exprimer à ce propos. La barrière technique n’y est pas pour rien, je le sais, mais on a tout à gagner à mieux comprendre nos outils, et à se les approprier.

J’espère que ce texte contribuera à rendre visibles ces questionnements à cet endroit de la création, et facilitera les échanges de techniques, de positionnements, d’astuces et de bons procédés.

Comme souvent avec moi, c’est un chemin dont je ne connais pas le terme. Je constate que parfois les améliorations viennent d’outils, parfois d’une place plus cohérente au sein d’une chaîne de professionnelles. Le plus important je crois que c’est juste de ne pas continuer à faire comme d’habitude si l’habitude nous rend malheureux.

Prenez soin de vous.

@+

Dernière mise à jour : 12-01-2026